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Exposition de peintures de Jacques Boussard, septembre 2009

Une exposition a été organisée, du 17 au 28 septembre 2009, par Les amis de Jacques Boussard à l’occasion des 20 ans du décès du peintre. L’association a rassemblé des toiles représentant des paysages de France peints à travers différentes époques et différents styles. La peinture de Jacques Boussard fait unité tout en évoluant naturellement au fil d’une vie artistique pleine et exigeante. Ces peintures représentent la campagne et ses villages du Puy de Dôme, la côte normande (Honfleur, les plages…), la Côte d’Azur, très rose, très gaie comme vous ne l’avez jamais vue, Paris, l’Essonne et Lardy bien sûr qu’il aimait particulièrement.

Le 27 septembre 2009 , un hommage lui a été rendu au parc Boussard avec la création d’une plaque qui sera définitivement posée courant novembre.

Discours de Mme Claude Roch, maire de Lardy

C’est un havre ! C’est le mot qui me vient aujourd’hui pour vous parler du parc Boussard. Derrière le mot havre, j’associe spontanément havre de paix, havre de verdure … oui, ce jardin inspire à la fois le repos et la promenade.

Aujourd’hui, il inspire en plus le respect. Nous rendons hommage à Jacques Boussard à travers son jardin, après l’avoir fait à travers les paysages exposés, toute cette semaine, en mairie. Je remercie vivement Les amis de Jacques Boussard, Monsieur Antonio Boussard et Mme Beata Canet-Boussard pour ce magnifique résultat.

Nous réunissons enfin le jardin et le peintre. Longtemps, nous nous occupions du parc, mais nous avions perdu de vue le peintre.Jacques Boussard fit don à la Commune, deux ans avant sa mort, d’une partie de sa propriété qui comportait ce jardin, là ou nous nous trouvons. Sept ans après, en 1996, la restauration pouvait commencer grâce aux subventions d’un contrat régional. Il en a coûté près de 400 000 francs de l’époque. Les travaux avaient consisté à la remise en état des bassins et à la remise en eau, au remplacement des éléments abîmés : briques, mosaïques, dalles en béton… Un an après, le 7 avril 1997, un arrêté préfectoral inscrit le parc à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. On peut dire, qu’à partir de ce moment-là, il est définitivement sauvé ! J’ai lu que Lardy fut la première commune à avoir un jardin de style Art déco inscrit aux Monuments Historiques de France.

Il est vrai que la renommée de l’architecte qui le conçut, Joseph Marrast, est grande. C’est sa participation à l’exposition des Arts décoratifs de 1925 qui le fit connaître des particuliers, lesquels, comme Henri Boussard, firent appel à lui.

Le jardin est donc créé en 1927. En 1932 la célèbre revue l’Illustration en montre trois photographies. Les années passent et depuis son ouverture au public, la presse en parle régulièrement. Il fait partie, depuis 2008, des jardins « remarquables » du Département, ce qui ouvre droit à des subventions pour la restauration des éléments structurants comme les bassins.

Il accueille de nombreuses visites, guidées au début par nos historiens locaux, je veux citer Jacques Zanicoli qui a été conseiller municipal et François Degommier qui s’est maintenant retiré à Nantes.

Le Comité départemental du Tourisme s’intéresse également à ce petit parc d’exception. Avec le parc de l’hôtel de ville, il est programmé tous les ans pour les journées départementales « jardins secrets, secrets de jardin ».

Forte de l’attrait du public pour les jardins et de notre engagement envers la culture et l’environnement – Lardy est ville « zéro pesticide », depuis cette année – je souhaiterais, avec le conseil municipal, que Lardy soit de plus en plus connue et reconnue comme une « ville jardin ». Les deux parcs municipaux ne sont pas seuls à faire de Lardy une « ville jardin », il y a aussi de nombreux jardins privés superbes, qui s’ouvrent au public de temps à autre et cela est très heureux pour notre bien être.

J’ai beaucoup parlé du parc car il est important de mettre en valeur l’effort financier de la Commune, l’implication de l’équipe des espaces verts et du service travaux. L’étanchéité des bassins a été refaite, par exemple, l’année dernière ; c’est donc un travail constant qui est réalisé par la Ville.

J’en viens maintenant au peintre. Je dois dire que c’est grâce à l’insistance de l’association « Les amis de Jacques Boussard » que le lien se fait maintenant et je les remercie pour cela.

Ainsi, à l’entrée du parc, mais aussi sur le site Internet, et plus généralement dans nos supports d’information, quand nous parlons du parc, nous faisons référence à Jacques Boussard.

Nous l’avons redécouvert en 2004 quand « Les amis de Jacques Boussard » ont demandé à Lardy d’accueillir leur première exposition. Depuis ces retrouvailles, nous suivons avec joie et intérêt le travail de l’association qui se consacre à faire connaître l’œuvre considérable de Jacques Boussard.

Pour terminer, je voudrais dire que je n’ai pas eu le privilège de connaître Monsieur Boussard (je n’habitais pas encore Lardy et j’étais encore moins aux affaires de la Commune). Mais en contemplant ce jardin et sachant son attachement pour ce lieu, je peux facilement imaginer quel homme il était : sobre, rigoureux, esthète … Je vais donner la parole à ceux qui vont pouvoir mieux parler de lui, et pour commencer à Monsieur Claude Jaillet, Directeur général des services de la ville de Lardy, qui a pris ses fonctions en 1988 et qui a eu la chance de le rencontrer.

Discours de Claude Jaillet, directeur général des services

Après l’acte de donation signé en 1987, M. Jacques Boussard a souhaité rencontrer, début 88, le maire M. Henri Thevenet ; j’ai assisté à cet entretien.

M. Jacques Boussard a fait part au maire de sa profonde inquiétude quant au devenir du parc Boussard. La donation avait été, certes, un premier pas, mais il fallait aller plus loin encore pour protéger et restaurer ce site. Sensible aux propos de M. Boussard, M. Thévenet me chargea de rechercher des solutions pouvant permettre de remettre en valeur ce parc et de l’ouvrir au public.

C’est à partir de ce jour que j’ai rencontré à plusieurs reprises M. Jacques Boussard. Au cours de nos promenades dans le parc et dans sa maison, nous avons réfléchi ensemble à tout ce qui pouvait être mis en œuvre pour que ce parc puisse revivre. M. Boussard était très conscient que la remise en valeur du parc ne pouvait se réaliser sans un effort financier conséquent de la Commune. Dans la relation de confiance que nous avons eue, M. Boussard, alors souffrant, m’a fait comprendre qu’il comptait sur moi pour mener à bien la tâche de conservation de ce site qui lui était si cher. A partir de ce jour, et encore plus après sa disparition, je me suis senti responsable du devenir de ce jardin.

En ma qualité de directeur général des services de la Commune, par définition chargé de l’administration municipale, mais pour autant non-décideur au plan politique, je devais franchir de multiples obstacles et convaincre.

Profitant de l’élaboration d’un projet de contrat régional (débouchant sur des subventions de l’Etat, de la Région et du Département) et portant sur une première restauration de l’église Saint-Pierre, nous avons proposé, M. Thévenet et moi-même, d’y inclure la réhabilitation du parc Boussard. Il y avait là une opportunité financière qui, peut-être, ne se reproduirait plus jamais. Nous avons immédiatement reçu le soutien de M. Zanicoli, adjoint chargé du patrimoine.

En montant le dossier du contrat régional, je me rendis compte que l’agent immobilier et le géomètre en charge du découpage de la propriété Boussard, avaient amputé le cœur du parc d’une importante bande de terrain, rompant ainsi l’équilibre et l’architecture du site pensés par M. Marrast. Je m’occupai de négocier avec les propriétaires voisins du parc, de façon à reconquérir l’unité initiale et retrouver l’harmonie générale du site.

Le conseil municipal autorisa le maire à signer le contrat régional le 8 janvier 1991. Pour autant, la conservation de ce parc et la préservation de son identité ne furent pas évidentes. Certaines personnes n’ayant pas compris l’historique, le sens artistique et architectural du parc, demandèrent une transformation du site, par exemple la suppression des murs d’enceinte, le retrait des dalles de ciment, l’installation des jeux d’enfants, le rejet de la remise en eau et son remplacement par le remplissage de terre des bassins et chenaux avec plantation de fleurs. Pour moi, cela n’était pas admissible ; ce parc ne pouvait exister sans la présence de l’eau, élément vivant entrant dans la conception de l’œuvre de l’architecte.

Je ne pouvais accepter ces atteintes destructrices et demandai au maire et à M. Zanicoli de me soutenir dans la démarche de procédure d’inscription ou de classement du parc Boussard à l’inventaire des Monuments Historiques. Les opposants à cette démarche craignaient que la Ville ne s’engage, à partir de là, à des dépenses démesurées, au détriment d’autres programmes créant aussi en parallèle l’instauration d’un nouveau périmètre de protection très contraignant autour du site.

En définitive, le conseil municipal, à la majorité, accepta ; demandée en 1990, l’inscription ne fut effective qu’en 1997.

Je terminerai par un souvenir gravé dans ma mémoire, que je suis heureux de vous faire partager : en visite solitaire au parc pour le travail de constitution du dossier de contrat régional, je fus étonné de rencontrer au cœur du parc une jeune fille d’environ 16 ans en train de peindre … je lui parlai du projet de réhabilitation du parc … elle m’exprima alors sa profonde déception m’expliquant qu’elle tenait à ce lieu tel qu’il était, enfoui sous la végétation, duquel émanait un certain esprit, une sensibilité esthétique proche du romantisme.

Qu’elle me pardonne aujourd’hui de ne pas l’avoir suivie dans ses sentiments !

Je tenais à profiter de cette occasion pour remercier les maires qui m’ont soutenu dans ma démarche. Je tiens à citer Monsieur Henri Thévenet, Monsieur Michel Laurent et aujourd’hui Madame Claude Roch. Je n’oublierai pas les services techniques de la commune représentés aujourd’hui par M. Patrick Maheu, qui prennent soin de ce merveilleux parc au quotidien.

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Exposition de peintures de Jacques Boussard, septembre 2009

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